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On doit abandonner la hisbah lorsque les gens ne répondent pas à l'appel

 

5 - On doit abandonner la hisbah lorsque les gens ne répondent pas à l'appel

Certains hommes disent qu'il ne faut pas perdre son temps et ses efforts à encourager les gens à faire le bien et à leur interdire de faire du mal dans la mesure où il ne répondent pas à l'invitation.

a/ l'acceptation des gens n'est pas une condition à la hisbah

L'obligation de la hisbah ne dépend pas de la réponse des gens que l'on invite à pratiquer l'Islâm. Allâh a en effet ordonné à Son prophète de transmettre le message de l'Islâm, que les gens répondent à l'invitation ou non. Allâh dit :

[...] S'ils se détournent,... il [le messager] n'est alors responsable que de ce dont il est chargé; et vous assumez ce dont vous êtes chargés. Et si vous lui obéissez, vous serez bien guidés". Et il n'incombe au messager que de transmettre explicitement (son message).
Sourate 24, La Lumière, verset 54


[...] S'ils embrassent l'Islam, ils seront bien guidés. Mais, s'ils tournent le dos... Ton devoir n'est que la transmission (du message).
Sourate 3, La famille de 'Imrân, verset 20

[...] Si ensuite vous vous détournez... alors sachez qu'il n'incombe à Notre messager que de transmettre le message clairement.
Sourate 5, La Table servie, verset 92

S'ils se détournent... il ne t'incombe que la communication claire.
Sourate 16, Les Abeilles, verset 82

[...] si vous vous détournez... il n'incombe à Notre messager que de transmettre en claire (son message).
Sourate 64, La Duperie Mutuelle, verset 12

[...] N'incombe-t-il aux messagers sinon de transmettre le message en toute clarté?
Sourate 16, Les Abeilles, verset 35

Si vous vous détournez... voilà que je vous ai transmis [le message] que j'étais chargé de vous faire parvenir.
Sourate 11, Hûd, verset 57

Que Nous te fassions voir une partie de ce dont Nous les menaçons, ou que Nous te fassions mourir (avant cela), ton devoir est seulement la communication du message, et le règlement de compte sera à Nous.
Sourate 13, Le Tonnerre, verset 40

Ô Messager, transmets ce qui t'a été descendu de la part de ton Seigneur. Si tu ne le faisait pas, alors tu n'aurais pas communiqué Son message. Et Allah te protégera des gens.
Sourate 5, La Table servie, verset 67

Eh bien, rappelle! Tu n'es qu'un rappeleur, et tu n'es pas un dominateur sur eux.
Sourate 88, L'Enveloppante, versets 21-22

On voit bien que l'effort du prophète - et donc celui que doit faire toute sa communauté - a été de transmettre aux hommes les ordres d'Allâh et ses interdits et de faire des rappels et ce, que les hommes y répondent ou non. Il n'y a donc aucune excuse à ne pas transmettre le message même sous le prétexte que les gens ne répondent pas. C'est pourquoi l'Imâm Annawâwiy a dit : " Les savants ont dit que l'obligation de faire la hisbah est maintenue même on peut croire que cela n'a aucun intérêt mais on doit continuer à faire des rappels car le rappel profite aux croyants. "

Les hommes seront jugés pour avoir transmis le message, non pas en fonction de la réponse et de l'acceptation des gens.

Cela est encore confirmé dans le Qur-ân, au sujet des hommes pieux qui n'ont pas cessé d'interdire à leur contemporains de pêcher le jour du Sabt. Bien qu'ils n'étaient pas écoutés, ils n'ont eu de cesse de pratiquer la hisbah vers ceux qui désobéissaient à Allâh. Ils affirmaient qu'ils cherchaient là deux choses essentielles : se dégager de toutes responsabilités vis à vis d'Allâh et offrir à leur peuple une occasion de se repentir. Voici ce que nous dit Allâh :

Et quand parmi eux une communauté dit : "Pourquoi exhortez-vous un peuple qu'Allah va anéantir ou châtier d'un châtiment sévère? " Ils répondirent : "Pour dégager notre responsabilité vis-à-vis de votre Seigneur; et que peut-être ils deviendront pieux! "
Sourate 7, Les Limbes, verset 164

L'Imâm Ibn 'Arabiy interprète ce verset : " Lorsque certains ont commencé à ne plus respecter le Sabt, leurs chefs religieux les ont corrigés et les ont exhortés à suivre les prescriptions d'Allâh. Les pécheurs n'ont pas obéi mais les exhortations n'ont pas cessé. Il y avait un troisième groupe d'hommes, qui ne transgressait pas le Sabt mais ne pratiquait pas la hisbah, jugée inutile ici. [i]" Ne les exhortez pas, disait ce groupe, Allâh les détruira. " Mais ceux qui pratiquaient la hisbah faisaient leur devoir : "Nous faisons notre devoir pour ne pas être châtiés par Allâh. "

b/ Le fait qu'un homme répondra à l'appel du muhtasib est un domaine réservé à Allâh

Personne ne peut prétendre qu'untel ne répondra pas favorablement à la hisbah car cela est du domaine de l'invisible pour l'homme. Seul Allâh connait cela. Le coeur des hommes est en effet entre deux Doigts d'Allâh qui l'orientent quand Il le veut et comme Il le veut. Voila une chose qui est facile pour le Créateur des coeurs ! Muslim rapporte en effet selon 'Abdullah ibn 'Amr ibn-ul-'As que le prophète a dit : "Le coeur des enfants d'Âdam sont entre deux Doigts du Miséricordieux envers les créatures (Rahmân) comme un seul coeur ; Il l'oriente comme Il le souhaite. "

Le prophète a comparé la facilité pour Allâh d'orienter comme Il le souhaite le coeur des hommes avec le mouvement d'une plume sur une terre déserte. Dans un hadith Sahih de Ibn Mâjah, le prophète a dit : " Le coeur est comme la plume soumise aux vents du désert. "

Combien de gens que les autres voient comme étant les plus pieux se transforment en pervers ? Et combien de gens qu'on sait être parmi les plus pervers changent et, avant de mourir, deviennent les plus pieux des hommes ? Ce sont des faits courants dans la vie des hommes et nous connaissons tous de tels cas. C'est pourquoi le prophète a dit : " Il est des hommes qui, selon les gens, oeuvrent dans le bien ; pourtant, ils iront en enfer. Il en est d'autres qui, selon les gens, oeuvrent dans le mal et sont pourtant des gens du paradis. Ce sont les dernières oeuvres qui comptent ! "

Nous ne savons pas comment les gens vont finir leur vie. Comment dans ces conditions pouvons-nous affirmer que la hisbah ne sert pas à certaines personnes qui ne répondront jamais à l'appel ?

c / on ne le répétera jamais assez : il faut immiter le prophète

Allâh a fait, de son prophète un exemple parfait pour nous dans tous les domaines. Il a dit :

Il y a pour vous un excellent modèle à suivre en la personne du messager pour celui qui espère en Allâh et dans le jour du Jugement dernier et qui mentionne beaucoup Allâh.
Sourate 33, Les Coalisés, verset 21

Le prophète a-t-il cesser de pratiquer la hisbah parce que les Mecquois ne répondaient pas à l'appel ? Non, bien sur. Il a continué dans des conditions rudes et difficiles espérant toujours qu'Allâh, dans sa grande Miséricorde, guide sinon les les contemporains du prophète, au moins leurs enfants. Muslim rapporte que 'A-ichah a demandé au prophète s'il avait connu un jour plus rude que celui de la bataille de Uhud. Le prophète a répondu : " J'ai connu des jours difficiles avec ton peuple et le plus dur fut celui du jour de 'Aqabah, lorsque je me suis présenté à Ibn 'Abd Yâlîl ibn 'Abd-il-Kilâb qui n'a pas répondu à mon appel. Je suis reparti, complètement désorienté, et je me suis retrouvé aux environs de Qarn Aththa'âlib. J'ai levé la tête et j'ai vu comme un nuage qui me faisait de l'ombre. C'était Jibril qui m'appelait et me prévenait qu'Allâh avait entendu les paroles de mon peuple et ce qu'il m'avait répondu et qu'Il mettait à ma disposition l'ange des montagnes. L'ange des montagnes m'a interpelé, m'a salué et m'a proposé de jeter deux montagnes contre mon peuple. Mais je n'ai fait que souhaiter qu'Allâh fasse que leur succède une génération qui adorera Allâh Unique, sans Lui associer de fausses divinités. "

Après ce récit de notre propphète bien-aimé ne souhaitant que la guidée pour tous pouvons-nous encore affirmer qu'il ne faut perdre ni notre temps ni nos efforts avec ceux qui ne répondent pas à la hisbah ?


Ceux qui utilisent ce faux argument prennent appui sur certains versets qui, selon eux, affirment que la hisbah ne doit se faire que quand les gens répondent à l'appel, et uniquement vers celui qui craint la menace d'Allâh, qui craint Allâh et suit le rappel.

Rappelle, donc, où le Rappel doit être utile.
Sourate 87, Le Très-Haut, verset 9

[...] Tu n'avertis en fait, que ceux qui craignent leur Seigneur malgré qu'ils ne Le voient pas, et qui accomplissent la Salat.
Sourate 45, Le Créateur, verset 18

Tu avertis seulement celui qui suit le Rappel (le Coran), et craint le Tout Miséricordieux, malgré qu'il ne Le voit pas.
Sourate 36, Yâ Sîn, verset 11

[...] Rappelle donc, par le Coran, celui qui craint Ma menace.
Sourate 50, Qâf, verset 45

On ne peut prendre des versets tels quels et les interpréter à sa sauce pour parvenir à ses fins : démontrer que son postulat est juste. Il faut étudier comment ceux qui sont les véritables destinataires des versets les ont compris et étudier leur exégèse.

Ces versets ont été révélés au prophète par Allâh qui lui a dit également : Qu'on exalte la Bénédiction de Celui qui a fait descendre le Livre de Discernement sur Son serviteur, afin qu'il soit un avertisseur à l'univers. Sourate 25, Le Dicernement, verset 1. Le prophète récitait ces versets aux croyants et les leur enseignait [1]. Toutes les explications et tous les éclaircissements à propos de ces versets proviennent de lui et exclusivement de lui [2]. Le prophète était en effet un personnification des révélations qu'il recevait. Et comme on l'a vu, son interprétation de ses versets n'a jamais permis au prophète d'abandonner la hisbah quand les interlocuteurs ne l'écoutaient pas ou ne lui répondaient pas.

C'est ce que rapportent les exégètes lorsqu'ils interprètent les versets cités. La parole Rappelle, donc, quand le Rappel doit être utile semble donner comme condition au rappel qu'il profite. La condition est donnée par la partie du verset quand le Rappel doit être utile et rendue en arabe par la particule in qui exprime la condition dans innafa'at-idh-dhikrâ. L'exégète Al-Fakhr Arrâziy explique que le in n'exprime pas la condition sine qua non. L'ordre reste valable même dans les cas où la condition est absente. Cela signifie que même si le rappel n'est pas vraiment profitable, il faut quand même pratiquer la hisbah. La preuve, donnée par Arrâziy, tient dans d'autres versets similaires :


[...] ne contraignez pas vos femmes esclaves à la prostitution, si elles veulent rester chastes
Sourate 24, La Lumière, verset 33

Dirait-on que les femmes qui ne souhaitent pas rester chastes ont l'autorisation, par ce verset, de pratiquer le libertinage ?

Et remerciez Allah, si c'est Lui que vous adorez.
Sourate 2, La Vache, vesret 172

Dirait-on aux idolâtres, qui n'adorent pas Allâh, qu'ils sont des créatures spéciales qui ne sont pas concernés par l'obligation d'adorer Allâh ? Alors qu'Allâh ne les a créés, eux aussi, que pour qu'ils L'adorent ?

Et quand vous parcourez la terre, ce n'est pas un péché pour vous de raccourcir la Salat, si vous craignez que les mécréants ne vous mettent à l'épreuve
Sourate 4, Les Femmes, verset 101

Faut-il forcément avoir peur de l'ennemi pour raccourcir sa prière ?

Mais si vous êtes en voyage et ne trouvez pas de scribe, un gage reçu suffit
Sourate 2, La vache, verset 283

Le gage est permis même si l'on écrit l'acte, ou même si l'on trouve un scribe.

Et si ce (dernier) la répudie alors les deux ne commettent aucun péché en reprenant la vie commune, pourvu qu'ils pensent pouvoir tous deux se conformer aux ordres d'Allah.
Sourate 2, La Vache, verset 203

Il peut reprendre son épouse même s'ils n'ont pas précisément cette idée-là.

Et les exemples de ce types ne manquent pas dans le Qur-âne qui certifie donc que l'obligation de la hisbah n'est pas annulée dans les cas où l'appel semble ne pas porter de fruits.

Quant à la parole d'Allâh, [...] Tu n'avertis en fait, que ceux qui craignent leur Seigneur malgré qu'ils ne Le voient pas, et qui accomplissent la Salat, les exégètes expliquent qu'Allâh décrit ceux qui profiteront pleinement du rappel mais n'ordonne pas aux croyants d'arrêter la hisbah pour les autres. La parole d'Allâh Tu avertis seulement celui qui suit le Rappel (le Coran), et craint le Tout Miséricordieux, malgré qu'il ne Le voit pas a exactement le même sens. De même pour la parole d'Allâh [...] Rappelle donc, par le Coran, celui qui craint Ma menace.

Ainsi, tous les versets utilisés par les tenants de ce faux argument n'indiquent absolument pas les conditions sous lesquelles il ne convient plus de pratiquer la hisbah.

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Posted: 14:50, 28/6/2008
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On doit abandonner la hisbah pour ne pas tomber dans la fitnah

 

4 - On doit abandonner la hisbah pour ne pas tomber dans la fitnah

Certains musulmans prétendent qu'ils ne pratiquent pas la hisbah car elle ne ferait qu'amener la fitnah.

Nous répondrons en quatre points à ce faux argument.

a/ c'est l'abandon de la hisbah qui plonge l'homme dans la fitnah

On demandera aux tenants de cette position si le fait de ne pas faire la hisbah réduit les risques de fitnah ou bien l'augmente. Car le Qur-ân et la Sunnah affirment que l'abandon de la hisbah fait plonger les hommes dans la fitnah. Allâh dit :

Et craignez une calamité qui n'affligera pas exclusivement les injustes d'entre vous. Et sachez qu'Allah est dur en punition.
Sourate 8, Le Butin, verset 25

Al Baghawiy et Attabariy rapportent dans leur exégèse de ce verset que Ibn 'Abbâs a dit : " Allâh a ordonné aux croyants de ne pas fermer les yeux sur le répréhensible car Allâh enverra un châtiment qui touchera le jute comme l'injuste. "

Attabarâniy rapporte dans un hadith - dont les rapporteurs sont des hommes de confiance - que le prophète a dit : " Allâh ne châtie pas tout un peuple à cause des péchés que commettent une minorité d'entre eux. Mais si la minorité pratiquent des péchés et que la majorité ne tente pas de la corriger alors qu'elle le pourrait, alors Allâh détruit la majorité et la minorité. "

L'Imâm Ahmad rapporte ce hadith sahîh : " Lorsque ma communauté ne dira pas à l'injuste qu'il est injuste, alors qu'elle le pourrait, elle sera abandonnée. " Le Juge 'Ayyâdh explique qu'abandonner la hisbah provoque la colère et l'abandon d'Allâh.

La fitnah ne peut donc être évitée que si l'on pratique la hisbah.


b/ lien entre ce faux argument et la mauvaise excuse invoquée par l'hypocrite Al-Jadd ibn Qays pour éviter de participer à une bataille

Ce pseudo argument est en réalité exécrable tant il rappelle l'excuse de l'hypocrite Al-Jadd ibn Qays pour échapper à la bataille de Tabûk. Allâh a révélé la supercherie de cet hypocrite dans des versets qui seront lus jusqu'à la fin du monde. Attabariy rappelle que le prophète, pendant les préparatifs pour la bataille, demanda à Al-Jadd ibn Qays s'il allait affronter les Banil Asfar. Al-Jadd lui demanda de l'exempter et de ne point lui faire subir une grande fitnah. Il prétexta que tout le monde chez lui savait bien combien il était sensible au charme des femmes et qu'il avait bien peur, s'il rencontrait quelques femmes des Banil Asfar, de succomber et de commettre l'adultère. Le prophète l'exempta sans discuter. Et c'est à cette occasion qu'Allâh révéla ce verset à propos de Jadd :

Parmi eux il en est qui dit : "Donne-moi la permission (de rester) et ne me mets pas en tentation." Or, c'est bien dans la tentation qu'ils sont tombés ; l'Enfer est tout autour des mécréants.
Sourate 9, Le repentir, verset 49

Il a prétendu craindre un fitnah - celles des femmes - mais est tombée dans une fitnah plus grave encore, en ne pensant qu'à lui, en ne préférant pas la personne du prophète à la sienne, en refusant de suivre le prophète.

Celui qui refuse de pratiquer la hisbah sous le prétendu prétexte d'éviter une fitnah qui n'est même pas encore arrivée, subit une fitnah encore plus importante : l'abandon d'une prescription d'Allâh.

c/ ce faux argument contredit les exhortations prophétiques

Le prophète nous a interdit de craindre, quand on agit pour Allâh, le blâme du blâmeur. On ne doit pas, par crainte pour soi ou pour ses biens, pratiquer la hisbah. C'est ce que rapporte l'Imâm Ahmad selon Abû Sa'îd Al-Khudhriy : " Que la peur des gens n'empêche pas un homme de parler de la vérité s'il la connait et si c'est nécessaire. " Car " On ne sera pas plus proche de la mort ni plus riche si on dit la vérité ou si on fait un rappel à quelqu'un de puissant. " [1]

d/ ce faux argument va à l'encontre des actes des prophètes et des hommes pieux

Comment comprendre le fait que les prophètes, les envoyés et les hommes pieux ont été persécutés, expulsés de chez eux, combattus et exécutés juste parce qu'ils appelaient les gens au bien et leur interdisaient la turpitude ? Comment concilier ce faux argument avec le fait que le prophète a annoncé la bonne nouvelle à ces hommes pieux en disant par exemple de son oncle Hamzah : " Le maître des martyres, c'est Hamzah ibn 'Abd-ul-Muttalib, ainsi que tout homme qui, pour avoir fait la hisbah à un chef injuste, a été exécuté. "



Il ne faut pas comprendre de tout cela qu'il faut pratiquer la hisbah n'importe comment. Au contraire, il faut peser les choses pour savoir si l'on doit faire la hisbah et comment on doit la faire. Si les inconvénients sont plus importants que le bénéfice qu'on peut en retirer, on ne pratiquera pas la hisbah. Mais si les avantages sont notables, il faudra accomplir son devoir de hisbah. C'est l'avis de Ibn Taymiyyah : " La hisbah est une des plus importantes obligations qu'Allâh a imposées à l'homme et l'un des moyens les plus aimés par Allâh pour se rapprocher de Lui. Mais il est nécessaire que les fruits de cette hisbah soit réels et que les inconvénients ne soient pas plus importants. Si la hisbah va faire plus de dégâts que de bien alors elle n'est pas une hisbah ordonnée par Allâh. " Mais bien sûr, les avantages et les inconvénients sont calculés en fonction de la charî'ah, non pas en fonction de ses passions [2].

 

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Posted: 14:49, 28/6/2008
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On doit abandonner la hisbah tant qu'on n'est pas parfait dans l'application de l'Islâm

 

3 - On doit abandonner la hisbah tant qu'on n'est pas parfait dans l'application de l'Islâm

Certains musulmans prétendent que puisque que l'on ne pratique pas parfaitement l'Islâm, puisque l'on n'évite pas tous les péchés, on n'a qu'à se préoccuper de soi-même pour se parfaire et non pas ordonner aux autres de faire le bien et leur interdire le mal. Leurs arguments sont multiples. Ils s'appuient sur des versets qui, selon eux, condamnent celui qui appelle les autres au bien et s'oublie lui-même :

Commanderez-vous aux gens de faire le bien , et vous oubliez vous-mêmes de le faire, alors que vous récitez le Livre? Êtes-vous donc dépourvus de raison?
Sourate 2, La Vache, verset 44

Ô vous qui avez cru! Pourquoi dites-vous ce que vous ne faites pas? C'est une grande abomination auprès d'Allah que de dire ce que vous ne faites pas.
Sourate 61, Le Rang, versets 2-3

Ils s'appuient également sur la parole du prophète qui a dit selon Al-Bukhâriy : " On amènera un homme et on le jettera dans le feu. Il y sera broyé comme l'âne broie avec la meule. Les gens de l'enfer l'entoureront et lui diront : 'Oh toi ! N'étais-tu pas de ceux qui appelaient les gens au bien et corrigeaient leurs mauvaises actions ?' Il leur répondra : 'J'ordonnais le bien sans le pratiquer et j'interdisais le mal mais je commettais les péchés.' "

Ils s'appuient enfin sur leur raison et le vieil adage arabe " tu ne peux offrir ce que tu n'as plus " [1]. Ils se demandent qui écouterait celui qui appelle au bien sans le pratiquer et celui qui interdit le mal tandis qu'il le commet.

Nous présentons quatre contre arguments

a/ ce qui est blâmé dans les versets et le hadith n'est pas le fait d'ordonner le convenable mais celui de ne pas le pratiquer

Il y a ici deux obligations :

 

  • la hisbah
  • pratiquer soi-même le convenable et éviter le répréhensible



En réalité, les textes utilisés par les tenants de cette position erronnée condamnent non pas la pratique de la première obligation mais bien l'abandon de la seconde. Des individus sont blâmés par Allâh et Son prophète parce qu'ils se sont oubliés eux-mêmes et parce qu'ils n'ont pas des comportements conformes aux bonnes paroles qu'ils disent aux autres. D'ailleurs, la logique confirme cela. Soit un étudiant qui a réussi son examen de " tafsîr " mais raté son examen de " hadîth ". Si cet élève reçoit un blâme, imaginerait-on seulement une seconde que c'est parce qu'il a réussi son examen de " tafsîr " ?

De nombreux exégètes affirment que le blâme dans ces textes est donné pour avoir délaissé la pratique de l'Islâm, non pas pour avoir pratiqué la hisbah dans ces conditions. Par exemple, l'éxégète Al-Qurtubiy dit à propos du verset Commanderez-vous aux gens de faire le bien , et vous oubliez vous-mêmes de le faire, alors que vous récitez le Livre? Êtes-vous donc dépourvus de raison? : " Sache, qu'Allâh t'honore, que le blâme ici renvoie au fait d'avoir abandonnér les actes pieux, non pas d'avoir appeler les gens à en faire. Ibn Kathîr précise que c'est bien le seul fait d'abandonner les actes pieux qui est condamné ici, non pas le fait d'appeler les gens au bien sans le faire [2].

b/ abandonner une des deux obligations ne justifie pas qu'on délaisse la seconde

Dans les deux obligations que nous mentionnions plus haut, aucune n'est la condition requise pour appliquer l'autre. On recontre ce cas de figure fréquemment. On aurait tort, par exemple, de conseiller à un homme qui prie mais ne jeûne pas d'arrêter de jeûner [3]. C'est l'avis de nombreux savants de l'Islâm. L'Imâm Al-Jassâs a dit : " Il ne faut pas distinguer le bon croyant du pécheur quant aux exigences religieuses qui leur sont imposées. Que l'homme délaisse en effet certaines obligations religieuses ne modifie pas la nature obligatoire pour lui des autres prescriptions religieuses. On comprend facilement que ce n'est pas parce qu'untel délaisse la prière, que le jeûne, ainsi que les autres actes d'adoration, ne sont plus obligatoires pour lui. De même que celui qui ne pratique pas complètement l'Islam et n'évite pas tous les péchés a quand même l'obligation d'appeler au bien et d'interdire le mal. "

L'Imâm Annawâwiy explique tout cela autrement en disant : " Les savants ont affirmé que le muhtasib [4] n'est pas tenu - pour devoir appliquer la hasbah - de pratiquer correctement ce qu'il recommande ni d'éviter ce qu'il présente aux autres comme étant répréhensible. Il doit se conformer à deux obligations : d'une part, s'ordonner le bien et s'interdire le mal ; d'autre part, ordonner le bien et interdire le mal aux autres. S'il faillit à l'une de ses obligations, comment lui serait-il autorisé de faillir volontairement à la seconde ? "

c/ faire sien ce faux argument conduit à nier que la hisbah est obligatoire

Si l'on mettait comme condition à la hisbah que le muhtasib pratique complètement l'Islam, obéissant à tous les ordres et évitant tous les interdits, on ne trouverait personne digne, capable de pratiquer la hisbah ! Ceci reviendraient donc à nier l'obligation d'appeler à obéir à Allâh et d'interdire de Lui désobéir.

Les savants, de tous temps, ont mis l'accent sur les dangers d'un tel raisonnement. Sa'îd ibn Jubayr a dit : " Si l'homme attend d'être irréprochable pour appeler au bien et interdire le mal, personne ne pratiquera plus la hisbah ! ". L'Imâm Malik a confirmé cet avis et a ajouté : " Et qui est irréprochable ? ". Al-Qurtubiy rapporte cet échange entre Mutarrif ibn 'Abdillâh et Al-Hasan Al-Basriy qui a ordonné : " Exhorte ton frère ! - J'ai bien peur de dire ce que je ne fais pas ! - Qu'Allâh te couvre de Sa Miséricorde ! Qui donc fait tout ce qu'il dit ? Le diable aimerait bien parvenir à ce que plus personne n'appelle au bien et n'interdise le répréhensible ! "

L'Imâm Attabariy a également démontré ceci lorsqu'il a dit : " Quant à celui qui dit qu'il ne peut appeler les gens au bien tant qu'il lui reste un défaut : s'il a voulu dire que se corriger est prioritaire pour lui, c'est d'accord ; sinon, il aura fermé les portes de l'appel au bien s'il était le seul avoir les capacités de le faire ! "

d/ que les gens ne répondent pas à la hisbah imparfaite n'est pas une règle immuable

Bien sûr, lorsque l'appel à l'islam est parfait, c'est-à-dire qu'il est fait par un croyant qui pratique ce qu'il recommande, l'effet est plus grand sur les âmes et conduit plus facilement les gens à se corriger, qu'un appel fait par un musulman défaillant dans sa pratique. Mais affirmer que l'appel de ce dernier n'aura jamais d'influence est faux. Le comportement de celui qui cherche à être suivi et obéi n'a pas forcément d'influence sur la réponse des gens.
Combien de prophète, parfaits dans leur pratique, n'ont obtenu que de maigres résultats, y compris chez les leurs ? Le fils de Nûh n'a pas répondu à l'appel de son père. Le père de Ibrâhîm n'a pas su profiter de la droiture de son fils. La femme de Lût n'a pas suivi son époux. Les appels du plus parfait des hommes n'ont pas fait flancher le coeur de son oncle Abû Tâlib. Muslim rapporte que de nombreux prophètes, pourtant parfaits dans leur pratique de l'islâm, n'ont convaincu personne, ou une personne ou deux.

A l'inverse combien de personnes, qui ne pratiquaient pas ce à quoi elles appelaient, ont eu de nombreux partisans ? Combien de personnes prétendant défendre les droits des hommes, la liberté, les droits des travailleurs et des peuples - alors qu'elles étaient les plus rudes avec les gens et les moins concernés par les droits des individus - ont pourtant eu de nombreux adeptes ?

En bref, il ne convient pas d'abandonner la hisbah sous le prétexte qu'on ne pratique pas parfaitement l'Islam car il se peut que l'on profite plus du discours de celui qui ne pratique pas très bien que d'un croyant qui est meilleur. Il est même très possible que l'appel au bien fait par un homme qui ne pratique pas correctement soit très profitable à un croyant qui pratique bien et comprend mieux.

Le conseil qu'on donne est alors de continuer à transmettre le message et à pratiquer la hisbah, mais de craindre Allâh pour les manquements dans la pratique et de chercher se repentir et à s'améliorer.

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Posted: 14:48, 28/6/2008
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